Intégration d'unités néerlandaises au sein de l'armée allemande

Depuis la fin de la Guerre Froide, les Pays-Bas n’ont pas cessé de réduire leurs dépenses militaires. En 2011, avec la crise de la dette et de l’euro, cette tendance a été accentuée avec de nouvelles coupes budgétaires d’un montant d’un milliard d’euros, étalées sur trois ans. Résultat : les forces armées néerlandaises ont dû renoncer à un certain nombre de capacités, ce qui affecte à la fois leur crédibilité et leur efficacité.

 

Et pour cause : selon les plans prévus à l’époque, leurs effectifs devaient fondre de 12.000 personnels (sur 69.000). Dans le même temps, des équipements majeurs (chars Leopard 2, hélicoptères Cougar, chasseurs de mines, etc…) ont été remisés. Pour limiter la casse, les forces armées néerlandaises ont passé des accords, en particulier avec l’Allemagne.

 

C’est ainsi que la 10e Brigade aéroportée (Luchtmobiele Brigade) a été intégrée à l’unité de réaction rapide allemande, à savoir la Division Schnelle Kräfte (DSK). Même chose pour la 43e Brigade mécanisée néerlandaise avec la 1ère Panzerdivision de la Bundeswehr, une compagnie néerlandaise devant être affectée au Panzerbataillon, afin de retrouver une capacité dans le domaine des chars lourds.

 

En outre, les Pays-Bas et l’Allemagne ont trouvé un accord sur une utilisation partagée du Zr. Ms. Karel Doorman, un navire logistique pouvant servir pour les opérations amphibies. Enfin, étant donné que le format Koninklijke Luchtmacht (KLu, force aérienne) a été réduit, en partie pour financer l’acquisition de 37 avions F-35A, La Haye et Bruxelles font désormais cause commune pour assurer la protection de l’espace aérien du Benelux et pour frapper l’État islamique (EI ou Daesh) en Irak et en Syrie.

 

Cela étant, en 2014, le gouvernement néerlandais a enrayé la baisse de ses dépenses militaires, son chef, Mark Rutte, ayant opté pour une relance de l’économie. Et il ainsi été décidé d’augmenter le budget des forces armées de 100 millions d’euros par (seulement) à compter de 2015 (soit à 1,14% du PIB, la moyenne au sein de l’Otan étant de 1,44% du PIB). Évidemment, cet « effort » ne permettra, en l’état actuel des choses, de retrouver les capacités perdues…

 

Signe de cette perte capacitaire et du savoir-faire des forces néelandaises : ces dernières ont décidé de rappeler d’anciens militaires pour enseigner à leurs officiers les tactiques utilisées à l’époque de la Guerre Froide.

 

D’ailleurs, en 2016, l’Otan a critiqué La Haye pour sa politique de défense, estimant que les forces néerlandaises avaient perdu leur « employabilité » en raison de leurs pertes capacitaires. D’autant plus que le contexte international a radicalement changé, avec l’émergence de l’État islamique et la réapparition des menaces dites de la « force ».

 

Aussi, et à quelques jours d’élections législatives qui se joueront probablement entre le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders et le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) de Mark Rutte, le Conseil consultatif (AIV) du gouvernement néerlandais vient de remettre un rapport dont les conclusions ne sont guère surprenantes.

 

Pour l’AIV, les forces armées sont dans un état « préoccupant » dans la mesure où elles ont été « gravement négligées » alors qu’il faut désormais faire face à un certain nombre de menaces sérieuses.

 

« Bien que la situation sécuritaire s’est gravement détériorée au cours de ces dernières années, à la suite des menaces venant de Russie, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, l’état de préparation opérationnelle des forces armées [néerlandaises] s’est encore détérioré », a résumé Joris Voorhoeve, l’un des auteurs du document.

 

En outre, selon le rapport, le gouvernement néerlandais « peint sans cesse un tableau trop optimiste de l’état des forces armées. » Et d’accuser : « Ce cadrage positif peut avoir un but politique, mais il créé une fausse image. »

 

Aussi, l’AIV recommande un effort significatif, en termes financiers, en faveur des forces armées. Un effort dont aura à décider le prochain gouvernement, l’actuel ayant accepté, comme les autres alliés de l’Otan, de porter le budget néerlandais de la Défense à 2% du PIB d’ici 2024.

 

 

En savoir plus sur

http://www.opex360.com/2017/03/11/les-pays-bas-ont-gravement-neglige-leurs-forces-armees/#peE0h1Fuyrlo1fmM.99

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