Macron et Steinmeier inaugurent l'Historial franco-allemand

November 10, 2017

 

Appelant à la refondation de l'Europe, le président français et son homologue allemand ont inauguré ce vendredi l'Historial du Hartmannswillerkopf, dans le Haut-Rhin. Entre 20.000 et 30.000 soldats français et allemands y ont perdu la vie lors de la Première Guerre mondiale.

 

Son inauguration marque le début des commémorations du 11 Novembre. Emmanuel Macron s'est rendu vendredi, accompagné du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, dans le Haut-Rhin, pour inaugurer l'Historial franco-allemand du Hartmannswillerkopf. Les deux chefs d'Etat se sont présentés côté à côte dans la crypte du Monument national qui y a été construit en 1932 pour honorer la mémoire des milliers de soldats allemands et français tombés sur ce site entre début 1915 et 1918. Ils se sont donné une accolade, avant de présider la cérémonie d'inauguration du lieu. «Il y a une montée des extrêmes en Europe», a déclaré le chef de l'État français face à la presse, appelant à la refondation d'une Europe «souveraine, unie et démocratique».

 

Le Hartmannswillerkopf est un des champs de bataille les plus sanglants de la Première Guerre mondiale. À cette occasion, Le Figaro revient sur ce trop peu connu «Verdun vosgien», emblématique des combats de montagne du Front des Vosges.

 

 

Pourquoi Allemands et Français se sont-ils affrontés ici?

 

Le Hartmannswillerkopf, rapidement rebaptisé le «Vieil-Armand» ou la «mangeuse d'hommes» par les poilus, est un promontoire culminant à 956 mètres d'altitude qui offre une vue plongeante sur la plaine d'Alsace, entre Belfort, Mulhouse et Colmar. Cette situation géographique lui a conféré aux yeux des deux états-majors ennemis un intérêt stratégique de première importance. Ce promontoire revêt aussi pour les soldats un enjeu symbolique. Chacun des belligérants défendait un sol qu'il considérait comme sien. L'Alsace et la Moselle avaient été annexées après la défaite de 1870. Le Hartmannswillerkopf est la seule zone où des soldats français ont combattu en terre ennemie. Au fur et à mesure de combats acharnés, le sommet se transformera finalement en objectif de prestige.

 

 

 

Comment se sont déroulés les combats?

 

Entre 20.000 et 30.000 soldats français et allemands y ont perdu la vie. Les premiers accrochages débutent à la fin du mois de décembre 1914. L'année suivante, les combats féroces font figure de feuilleton dans la presse française et allemande. Le sommet changera huit fois de mains. Sur place, le front se matérialise alors par près de 90 kilomètres de tranchées et quelque 6000 abris, parfois éloignés de quelques dizaines de mètres seulement. Chaque camp engagera dans la bataille quelques-unes de ses meilleures troupes. Côté français, les «Diables rouges» du 152 Régiment d'infanterie, surnommés ainsi par les Allemands en raison de leur bravoure, y écriront leurs lettres de gloire. Le front se stabilise en 1916 et les derniers soldats allemands quitteront les lieux le 15 novembre 1918.

 

Que reste-t-il aujourd'hui de cette bataille?

 

La forêt vosgienne, rasée par les tirs d'artillerie, a repris ses droits. Une partie des tranchées et des fortifications bétonnées ont tout de même bravé le temps. Le Viel-Armand s'est aujourd'hui mué en lieu de mémoire. Avec sa crypte souterraine où reposent les restes de 12.000 soldats inconnus et son Autel de la Patrie, le site est l'un des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre avec Notre-Dame de Lorette, Douaumont et Dormans. Le champ de bataille a lui été classé monument historique en 1921. Ces dernières années, les lieux ont subi d'importants réaménagements. En 2004, François Hollande et son homologue allemand, Joachim Gauck, posaient la première pierre d'un historial franco-allemand, ouvert cet été. C'est ce bâtiment de l'architecte Gilles Marty que viennent inaugurer leurs deux successeurs.

 

 

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