L'européen Galileo, une géolocalisation plus précise que le GPS (américain)

February 12, 2018

 

En décembre 2016, l'Europe lance les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo. Le dispositif doit permettre une localisation plus précise pour les utilisateurs, avec pour ambition de concurrencer le puissant GPS américain.

 

Le programme Galileo a été initié en 1999 par la Commission européenne pour doter l'Europe de son propre système de positionnement et de datation et garantir l'indépendance européenne face aux autres systèmes existants, tels que l'américain GPS, le russe Glonass et le chinois Beidou. Après que plusieurs pistes aient été abandonnées, notamment celle d'un partenariat public-privé, la commission européenne a repris la main en 2008, allouant un budget de 3,5 millions d'euros pour la période 2008-2013 (600 millions par an), puis 7 milliards d'euros ont été attribués pour la mise en place et l'exploitation des systèmes européens de navigation par satellite pour la période 2014-2020 (1 milliard/an) . Parallèlement, des stations sol ont déjà été réparties autour du globe, une infrastructure qui sera encore renforcée d'ici à 2020.

 

Galileo, un système plus précis que le GPS

 

Galileo est plus précis que le GPS, sa précision étant de l'ordre du mètre lorsque l'américain est décamétrique et le russe Glonass moins performant encore. La spécificité du signal Galileo sera par ailleurs sa datation à quelques milliardièmes de seconde près. " Avec le GPS, on peut savoir où est un train en France, avec Galileo, on pourra dire sur quelle voie. De plus le signal sera bien meilleur que celui du GPS notamment pour les lieux encaissés comme les canyons urbains. Nous partons en retard, mais nous courrons plus vite et nous avons d'emblée une longueur d'avance sur nos concurrents ", souligne Jean-Yves le Gall, président du CNES. L'agence spatiale française a été dès le début très impliquée dans le projet. Ainsi, toute l'architecture de Galileo a été conçue par les ingénieurs du CNES. Plus largement, la France contribue au programme Galileo à hauteur de 17 %, juste après l'Allemagne (21%).

 

Le système Galileo est sous la houlette de trois acteurs: la Commission européenne qui décide et supervise, l'ESA qui assure la phase de construction, et le GSA (agence de navigation par satellite européenne) basée à Prague, qui est chargée d'exploiter le système. Cette dernière exploite Galileo et Egnos. Egnos a été la première étape mise en œuvre, soit un système régional d'augmentation du signal GPS, pleinement opérationnel depuis 2011, qui permet notamment aux avions commerciaux de bénéficier d'une amélioration de la sécurité des phases d'approche sur un nombre croissant d'aéroports européens. Egnos, composé d'une demi-douzaine de charges utiles embarquées sur divers satellites, permet de couvrir quasiment toute l'Europe et intéresse à présent quelques pays d'Afrique francophone. Depuis 2017, le GSA est également responsable de l’exploitation de Galileo et de la fourniture des services correspondants.

 

Galileo va quant à lui proposer quatre services.

 

1. Le premier, ouvert, sera accessible gratuitement à tout le monde. Outre le service de positionnement et de datation, il offrira une authentification du signal utilisé. Cette authentification pourra être utile en fonction des applications envisagées, en particulier pour avoir la garantie que le signal utilisé est bien un signal Galileo et non un leurre. Ce sera le seul système pour des années à faire cela.

 

2. Le second sera commercial : moyennant une redevance, il permettra un positionnement précis de quelques centimètres et une authentification encore plus robuste. Le service PRS (service public réglementé), la partie gouvernementale du système, disposera de signaux très robustes aux perturbations électro-magnétiques et sera rendu accessible par les Etats membres en fonction de la pertinence du besoin exprimé.

 

3. Enfin, le service recherche et sauvetage pour les navires et avions en détresse, dont les capacités seront bien plus rapides et précises que celle du système actuel Cospas-Sarsat qui dispose de moins de 10 satellites en orbite basse et ne permet pas une localisation en temps réel.

 

La mise en place laborieuse

 

La constellation Galileo, qui a subi de nombreux revers et retards dans le passé, se déploie désormais rapidement. Quatre satellites d'essai IOV (In Orbit Validation) avaient été fournis par un consortium mené par Airbus Defence and Space et lancés en 2011 et 2012.

 

Le consortium OHB a ensuite reçu commande pour 22 satellites FOC (Full Operational Capability). Une partie d'entre eux a déjà été lancée mais deux d'entre eux ne sont pas sur la bonne orbite, ce qui ne leur permet pas de fonctionner à plein.

 

Au total, 22 satellites Galileo sont en orbite autour de la Terre actuellement. Le lancement de 4 satellites supplémentaires en 2018 permettra d’achever la constellation Galileo qui comportera en tout 24 satellites opérationnels et deux unités de secours. L'Europe avait lancé le 15 décembre 2016 les premiers services de son système Galileo mais ils sont réservés pour l'instant aux rares possesseurs d'équipements compatibles. Le système devrait être pleinement opérationnel en 2020. 

 

 

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