Changer et refonder, pour mieux relancer.

Pour la première fois depuis son élection à la présidence, le chef de l’État français s’est adressé ce mardi 17 avril 2018  au parlement européen. Celui qui avait entamé son mandat en mai 2017 sur fond d’Ode à la Joie - l'hymne européen - puis prononcé son discours de La Sorbonne en septembre 2017, pour raviver la flamme européenne, ne s'était jamais adressé à la représentation européenne.

 

Il n'avait cessé cependant pendant un an, lui et le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade qui s'occupe des affaires européennes au sein du nouveau parti français pro-européen LREM, de dénoncer la faillite des veilles structures européennes et des vieux clivages établis. A juste titre, il n'a cessé de brandir ce constat et cet état d'urgence dans lequel se retrouve aujourd'hui le projet européen et ses institutions, qui sont aujourd'hui sévèrement critiquées.

 

Il n'est donc pas étonnant qu'en s'adressant hier à cette représentation européenne, qui a été élue en 2014 avec un taux de participation historiquement au plus bas (42%) ce qui a grandement entamé sa légitimité démocratique, il allait essuyer de sévères critiques. La refondation du projet européen proposée par le Président français, passe aussi et surtout par la refondation de l'actuelle représentation au parlement européen. Effectivement, les hostilités avait déjà éclatées en février 2018 lorsque ce même parlement a sèchement rejeté la proposition de E. Macron de transformer les sièges vacants laissés par les britanniques qui quittent l'UE, en sièges d'euro-députés représentants des listes transnationales.

 

Le président a bien tenté de convaincre les élus européens actuels qu’il n’y a d’autre choix que de réformer et renforcer l’Europe. « Ce n’est pas le peuple qui a abandonné l’idée européenne, c’est la trahison des clercs qui la menace », a chargé le chef de l’État!

 

Poliment, les euro-députés ont salué son engagement européen. Mais son projet, dans presque son intégralité, ne se heurte qu'à des résistances.

 

Les euro-députés ne savent pas avec quel parti politique dans la représentation actuelle, le président veut travailler. Mais Emmanuel Macron  n’appartient à aucune famille politique représentée aujourd'hui au parlement, et pour cause, son parti n’existait pas lors des dernières élections européennes! 

 

Visiblement, et les députés actuels le savent, le chef de l’État compte bien changer la donne à la faveur du prochain scrutin en 2019. Ses lieutenants y travaillent, en privilégiant la piste de la création d’un nouveau groupe au Parlement. « Le prochain mandat européen doit être un mandat de refondation de l’Europe. Or, on ne peut pas le faire avec des structures et des habitudes qui correspondent aux défis d’autrefois », plaide le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade. 

 

La partie loin d’être gagnée, il n'est pas dit que ce qui s'est joué en France en mai 2018 puisse se reproduire au niveau européen en 2019. « L’Europe, ce n’est pas la France en plus grand. » comme le dit Udo Bullmann.

 

Le président Macron compte beaucoup sur les consultations citoyennes sur l’Europe, qu'il a lancé officiellement lors d’un premier débat à Epinal ce mois-ci. Une restitution des échanges est prévue fin octobre, avant le lancement officiel de la campagne des européennes. Des débats du même type ont déjà commencé en Croatie. L’Espagne, Malte, l’Allemagne et la République tchèque devraient rapidement suivre. Cette initiative française est modeste mais, pour l’instant, c’est la seule qui fasse vraiment l’unanimité dans l’Union.

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