France-Allemagne: un décrochage visible et assumé

Cela n'a jamais été ni un secret d'état, ni un déni, pour autant, les désaccords entre la France et l'Allemagne n'ont jamais été l'objet d'aveux publiques de la part de leurs dirigeants respectifs.  

 

Récemment, Angela Merkel et Emmanuel Macron viennent, chacun de leur coté, d'avouer publiquement leurs "contradictions", qualifiées de "stériles" pour la première, et de "fertiles" pour le second. Cet affichage en public de leurs divergences, qui existent nécessairement au sein d'un couple, est nouveau, et traduit de fait le décrochage inédit qui existe entre les deux pays. Cette fois, on tombe les masques, on a décidé de ne plus faire semblant d'accorder une confiance de bonne foi à l'autre, de ne plus faire croire que l'on prétend défendre et construire l'Europe alors que l'on ne fait que défendre des intérêts purement nationaux que l'on désire étendre à l'échelle européenne. Les deux pays affichent un tel décrochage économique, jamais vu depuis la seconde guerre mondiale, qu'ils ne semblent plus pouvoir s'entendre.

 

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, la France n'a eu de cesse de vouloir relancer et réformer l'Europe, alors que l'Allemagne d'Angela Merkel n'éprouve aucune nécessité à troubler son bien être matériel et sa prospérité, et se satisfait pleinement de l'Europe telle qu'elle est. Et telle qu'elle n'est pas.

 

 

 

 

La crise économique de 2008 n'a fait qu'accentuer les divergences entre les politiques économiques des deux pays. Dans les années 2000, l'Allemagne avait pris des mesures afin de redonner plus de productivité à son économie, en misant sur une politique de production (de l'offre). La France conservait quant à elle sa politique d'investissement publics et d'encouragement à la consommation (politique de la demande).

 

10 ans après la crise, on assiste a un véritable décrochage économique de la France par rapport à  l'Allemagne, qui n'a jamais été aussi important depuis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Les dépenses publiques absorbent 56 % du PIB en France, contre 44 % en Allemagne, la pression fiscale s’est  constamment accrue en France alors qu’elle a diminué en Allemagne depuis les années 2000, la France a constamment dépassé depuis 2008 le seuil supposé fatidique des 3 % de déficit (sauf en 2017) alors que l'Allemagne est constamment en dessous depuis 2010, la dette publique française dépassera sans doute le seuil des 100 % en 2019, alors que l’Allemagne se rapproche de la limite autorisée de 60 %, le chômage atteint en France plus de 9 %, presque le double de celui de l’Allemagne, à 5 %, tandis que les écarts de compétitivité se reflètent aussi dans les balances commerciales des deux pays, structurellement déficitaires en France, -62,3 milliards d’euros en 2017, quand l’Allemagne affiche un excédent commercial de +244,9 milliards la même année.

 

Un tel décrochage économique de la France par rapport à l'Allemagne se traduit nécessairement par des désaccords exacerbés.

 

 

 

 

 

 

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