La citoyenneté européenne est toujours là !

 

 

C'est un fait, la construction européenne et ses institutions ont été ébranlées par des crises qui se succédent avec acharnement depuis plus d'une décennie. 

 

En 2005, le projet de Constitution Européenne fut rejeté par referendum en France et aux Pays-Bas, ce qui mit fin à toute avancée par les traités. En 2008 éclatait la crise financière aux Etats-Unis qui se propagea dans le monde entier. En Europe, la première victime fut la Grèce mise en défaut de paiement, puis l'euro qui fut mis à rude épreuve, jusqu'à faire douter de sa survie. Puis en 2015, les vagues massives d'immigrants venus du moyen orient et d'Afrique, mirent à nu une cohésion européenne inexistante et provoquèrent des poussées nationalistes virulentes. Une dizaine de pays en Europe, c'est à dire presque la moitié, sont dirigés par des populistes ou des coalitions intégrant un parti d'extrême droite. Ces pays ouvrent la porte à des pratiques jugées illibérales dans nos démocraties, à l'encontre de la presse et de la justice, à tel point que la Hongrie et la Pologne font l'objet d'une procédure de sanctions par l'Union. En 2016, le Royaume-Uni votait par referendum sa sortie de l'Union pour "reprendre le contrôle". 

 

La résistance, qui fait moins parler d'elle mais qui existe, s'organise. La France et l'Allemagne refusent ensemble  le repli identitaire et adoptent une intégration plus poussée en signant le traité de coopération et d'intégration d'Aix la Chapelle en janvier 2019. En septembre 2019, soit 3 ans et demi (!) après le referendum de juin 2016, le Brexit n'est toujours pas mis en place, buttant sur les conditions d'un accord de sortie. Ce qui revient à dire que la sortie pure et simple sans accord est jugée trop pénalisante, pour ne pas dire suicidaire. Ce qui revient à dire qu'il faut un accord garantissant l'accès au marché unique des biens, des services et des personnes, et donc garder un pied dans l'Union.

 

Mais ce qui est frappant est que partout en Europe, la confiance dans l'Union Européenne en tant qu'institution augmente, l'indicateur (Eurobaromètre Kantar / Commission Européenne) ayant atteint en 2018 son plus haut niveau depuis 2010. Le sentiment de citoyenneté européenne progresse malgré les poussées nationalistes. Bien que variable selon les régions, la vague d'euroscepticisme qui traverse le continent ne remet pas en cause l'idée d'une Union Européenne, mais plutôt son fonctionnement et les valeurs de l'Union Européenne. Néanmoins, cette confiance n'est pas égale selon les régions. Il faut noter que cette confiance est la plus faible en Tchéquie, en France (!) et au Royaume-Uni, ce qui n'est pas une surprise pour ce dernier, mais bien plutôt pour la France  ...

 

Alors que les membres fondateurs avaient à l'époque privilégié l'économie comme vecteur d'intégration, c'est aujourd'hui la culture qui incarne le mieux le sentiment de communauté parmi les peuples européens. 

 

L'Union Européenne est une construction inachevée. L'intégration s'est faite avec la monnaie, le système bancaire, les normes sur les biens, les services et les produits alimentaires. L'Union dispose même d'un système de solidarité économique et financière entre ses Etats membres. Mais l'harmonisation n'atteint pas la fiscalité ou les transactions financières. Les institutions sont quant à elles bloquées par le nombres des Etats membres (28) et la règle de l'unanimité. Pourtant, les citoyens plébiscitent une politique commune de sécurité et de défense, ainsi qu'une politique énergétique communes. La construction est loin d'être achevée. 

 

 

 

 

 

 

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