Conférence sur l'Europe: en attendant Godot



La #Conférence sur l'Avenir de l’#Europe, en préparation par la #Commission et le #Parlement européens, a pour but de trouver de nouveaux accords sur l'avenir de la démocratie européenne. Afin de ne pas répéter les mêmes erreurs que lors de la malheureuse #Convention de 2005, la Conférence devrait être constituée par des citoyens et des représentants des institutions pour travailler ensemble à de nouvelles lois et de nouveaux traités.


Elle devait débuter en mai 2020 et se dérouler sur deux ans. Mais en janvier 2021, le #Conseil, accaparé par les urgences et la pandémie, n’a toujours pas adopté sa position. Rien n’a été fait par les présidences, Croate puis Allemande, en 2020. La France, quand viendra son tour à la présidence tournante début 2022, sera-t-elle en position de lancer la Conférence qu’elle soutient, alors qu’elle sera en pleine campagne présidentielle??


Pour cette période, les présidences du Conseil, qui sont tournantes et durent 6 mois, sont: 2020 Croatie puis Allemagne, 2021 Portugal puis Slovénie, 2022 France puis République Tchèque.



Mise à jour: La Conférence lancée sans les moyens de ses ambitions.



Le 3 février, la présidence tournante Portugaise a lancé la Conférence. Néanmoins, c'est une conférences aux moyens et aux objectifs considérablement limités qui en dénature complètement le projet. Pour ainsi dire, ce n'est plus que l'ombre d'une conférence, la véritable ambition voulue par la France vient d'être révoquée.


Selon le premier ministre portugais Antonio Costa, la Conférence devra se focaliser sur “les souhaits et les craintes des citoyens” et permettre de redonner "un souffle démocratique à l’Union Européenne". Les trois institutions qui dirigeront cette conférence, la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européen, se donnent jusqu’à décembre 2022 pour produire un rapport qui sera présenté aux chefs de gouvernement européens.


Cependant, le rapport n'ayant aucun caractère obligatoire, rien ne garantira la prise en compte de l’avis des citoyens au terme de la consultation. Comme cela fut le cas pour les consultations citoyennes de 2018, les chefs de gouvernement pourraient choisir de ne pas tenir des comptes des préoccupations exprimées par les citoyens.


Surtout, alors que le but de cette Conférence était de répondre aux nouveaux défis apparus depuis le traité de Lisbonne en 2007, le Conseil a refusé d’ouvrir la possibilité d’une révision des traités. Cette disposition tronque considérablement l’ambition même de cette Conférence, interdisant de fait tout changement structurel, seul moyen d’aboutir à une Europe puissante, résolument démocratique et à l’écoute de ses citoyens.


Cet ersatz de conférence n'aura pas les moyens de son ambition démocratique qui devait permettre aux citoyens européens d’insuffler un véritable renouveau à l’Union. La véritable Conférence originelle vient d'être retirée purement et simplement de l'agenda du conseil.