Les alliances militaires en Europe depuis 1945

Après la guerre, la nouvelle guerre froide

L’OTAN et Pacte de Varsovie, matrices de l'Europe

La course aux armements

L'OTAN sort vainqueur de la guerre froide

Balbutiements étouffés d'une Europe de la défense

Les crises ébranlent et réveillent l'Europe

Le sursaut reste limité

Le parapluie nucléaire français pour l'Europe?

Après la guerre, la nouvelle guerre froide​

La signature de l'armistice le 8 mai 1945 marqua la fin de la seconde guerre mondiale et la chute du troisième Reich qui s'étendait sur la majeure partie du continent européen.

Cela marqua également la naissance d'un nouvel empire soviétique, l'Union Soviétique, et le début des hostilités avec son rival, les Etats-Unis. Ce fut le début d'une autre guerre, dite "froide", qui dura jusqu'à la chute du mur de Berlin et des régimes communistes en Europe de l'Est en 1989, et le démantèlement de l'empire soviétique en 1991.

Entre ces deux dates, de 1945 à 1989, tous les pays européens furent regroupés en deux blocs géographiques distincts et opposés, l'un à l'Ouest, l'autre à l'Est. Avec des méthodes et des systèmes différents, les deux blocs assurait la cohésion des pays européens entre eux au sein de leurs blocs respectifs.

Il y eu ainsi deux Europes qui se constituèrent après la guerre, chacune fortement solidifiée par une alliance militaire propre. Le continent européen, qui avait continué à se faire la guerre entre nations comme il le faisait depuis des siècles, venait d'échapper à l'hégémonie et à l'occupation du dernier pays agresseur en date, l'Allemagne, pour retomber de facto sous la domination des deux derniers vainqueurs en date, l'occupant soviétique à l'Est, et la domination militaire et économique américaine à l'Ouest. Bien que la nature de la domination américaine et soviétique fut très différente au sein de chaque bloc, l'Europe se constitua alors par la formation de deux empires géographiques dominés chacun par une super-puissance. Ce fut bien le début d'une unification européenne, mais en deux blocs distincts, et sous influence étrangère.

En ce qui concerne les pays européens du bloc de l'Est, l'Armée soviétique n'avait chassé l'occupant allemand pour se substituer à lui et occuper ces pays à son tour. Ils venaient d'échapper au troisième Reich pour être pris par un autre empire territorial, celui de l'URSS. Pendant 5 décennies, de 1940 à 1990, ces pays de l'Europe de l'Est ne connurent ni la liberté, ni la démocratie, ni la prospérité économique.

En ce qui concerne les pays européens du bloc de l'Ouest, la victoire du ravitaillement américain lors du blocus de Berlin par les soviétiques en 1948, transforma l'armée d'occupation américaine sur le sol allemand en armée de libération et en défenseur des démocraties occidentales face à l'expansionniste de l'Union soviétique. A la différence des états européens de l'Est, la présence militaire forte d'une puissance étrangère, à l'origine occupante en Allemagne, sur le sol européen, était réclamée à corps et à cris par ces pays, au prix d'une domination économique et culturelle qui en résultait et qui était acceptée.

La confrontation des deux blocs Ouest Est résultait de la volonté des Etats-Unis de ne plus retomber dans l'isolationnisme d'avant guerre, et de propager le modèle américain, à l'instar de la Russie qui entendait faire de même avec son propre modèle, le communisme. Les premiers firent donc tout pour endiguer la progression des seconds. L'Europe, qui avait été le centre dominant du monde pendant tous les 18ème & 19ème siècle, se retrouvait être l'enjeu d'un conflit qui opposait deux super-puissances extérieures.

Si cette guerre "froide" fut avant tout plus idéologique que territoriale, elle se traduisit par une course effrénée aux armements, notamment nucléaires, ce qui interdit tout affrontement direct entre les deux super-puissances sur le sol européen sous peine d'apocalypse nucléaire. Malheureusement cette guerre ne resta pas froide sur d'autres continents où elle fit de nombreuses victimes civiles et militaires: la guerre de Corée, la guerre d'Indochine, la guerre du Viêt Nam, la guerre d'Afghanistan et le génocide cambodgien causèrent la mort d'environ dix millions de personnes.

L’OTAN et Pacte de Varsovie, matrices de l'Europe

Après avoir fait échouer le blocus de Berlin mis en place par les soviétiques en 1948, les Etats-Unis créent en 1951 l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord - OTAN - ou Alliance Atlantique - qui regroupa les forces militaires américaines et européennes en Europe de l'Ouest pour contenir la menace soviétique. En effet, Staline, qui avait réussi à prendre le contrôle de tous les pays d'Europe centrale sans que les occidentaux ne puissent réagir, voulait étendre sa domination à l'Allemagne entière. Les pays d'Europe de l'ouest, qui craignaient de voir se propager le communisme stalinien à travers toute l'Europe, insistaient pour bénéficier de la protection, ainsi que de l'aide financière et matérielle des Etats-Unis. Ils réclamaient la présence de troupes américaines sur le sol européen et la dissuasion nucléaire américaine. En instaurant un couplage fort avec les États-Unis, l'OTAN sera le faire-part de naissance et de survie de la nouvelle Allemagne de l'Ouest et le rempart de toute l'Europe de l'Ouest contre le communisme. Cette Alliance, qui était le seul moyen des Européens après la Seconde Guerre mondiale de se prémunir contre l'expansionniste de l'Union soviétique, avait pour but, selon le mot de son premier secrétaire général, Lord Ismay, de «garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle».

Pour sa naissance, l'Allemagne de l'ouest entra donc dans l'OTAN, ce qui se traduisit par sa remilitarisation et la mise sur pied d'une nouvelle armée allemande, la Bundeswehr, forte de 500 000 hommes. Quelques cinq années après la fin de la seconde guerre mondiale, les Soviétiques voyaient donc la résurgence d'une Allemagne forte, possédant peut-être un jour l'arme nucléaire, bien que son accès lui soit interdit par les traités en vigueur, ce à quoi il ne se fiaient pas beaucoup...

En 1955, ils créèrent à leur tour leur propre alliance militaire - le Pacte de Varsovie - qui regroupaient la plupart des pays communistes du bloc soviétique. Néanmoins, cette alliance militaire avait aussi pour but d'exercer un contrôle sur les pays membres afin d'empêcher toute sortie du régime communiste. Il s'agissait de maintenir le glacis protecteur mis en place par Staline, constitué par les démocraties populaires occupant une position stratégique, comme la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Hongrie et la RDA. Le Pacte fut ainsi utilisé en 1968 pour mettre un terme au printemps de Prague en Tchécoslovaquie et reprendre la situation en main manu militari.

La course aux armements

L'accumulation des forces qui se faisaient face en Europe alla crescendo jusque dans les années 80. A s'en tenir aux chiffres, les armées de l'Est, principalement soviétiques, dominaient en quantité celles de l'Ouest.

Forces conventionnelles Est versus Ouest:

- 4 millions de soldats contre 2,6

- 42 000 char d'assaut contre 13 000

- 31 000 canons d'artillerie contre 13 000

- 80 000 véhicules blindés contre 30 000

- 700 hélicoptères d'attaque contre 400

- 7 000 avions de combat contre 3 000

Forces nucléaires Est versus Ouest:

- 300 missiles balistiques contre 100

- 0 missiles de croisière contre 250

- 360 bombardiers contre 150

- 700 missiles courte portée (inf à 500 km) contre 0

- 800 missiles tactiques (inf à 150 km) contre 90

- 4 000 avons de combat contre 1 800

- 3 800 canons d'artillerie contre 1 200

L'OTAN sort vainqueur de la guerre froide

En 1991, la guerre froide pris fin avec la dissolution subite de l'URSS et du Pacte de Varsovie.

Les menaces diminuent en Europe au début des années 2000, avec la fin des conflits dans l'ex-Yougoslavie et une relation stabilisée avec la Russie. Les pays européens poursuivent donc la décroissance de leurs budgets et effectifs militaires commencée au début des années 1990. La France met fin au service militaire national. Il n'en est pas de même pour les États-Unis qui mènent durant cette décennie 2000 deux guerres majeures, en Afghanistan puis en Irak.

L'Alliance atlantique, qui avait perdu sa raison d'être initiale, a néanmoins perduré. Pour ce faire, à elle a repris à son compte de nouvelles crises et menaces comme les conflits nationalistes dans l'ex-Yougoslavie, ou l'essor du terrorisme international. Elle a même procédé à son élargissement à d'anciens pays du bloc de l'Est. L'Alliance a développé une politique systématique de partenariats en Europe et dans le monde, comme en 1994 avec la Russie, les pays de sa zone d'influence et avec les pays neutres d'Europe occidentale dans le cadre du "partenariat pour la paix" (PPP) .

Autrement dit, les Etats-Unis ont continué à étendre leur sphère d'influence et a monnayer sonnant et trébuchant leur protection par la vente de leurs armes et systèmes d'armement. Le cas le plus criant fut celui de la Pologne qui intégra l'OTAN en 1999, puis l'Union Européenne en 2004, et utilisa les subventions reçues de la seconde pour acheter des avions F16 américains.

Balbutiements étouffés d'une Europe de la défense

Après la fin de la guerre froide, il existe pourtant en Europe une véritable demande des citoyens pour une défense commune. Le principe et les moyens à mettre en oeuvre pour une défense commune étaient les mêmes que ceux employés pour la création et l'agrandissement progressif du marché commun à partir de 1957, qui aboutira à la création de la monnaie unique en 2002. Il s’agissait de créer les conditions de l’état final recherché – la défense européenne – par une convergence préalable, progressive et mesurable des outils de défense. Tout comme les critères du traité de Maastricht (1992) pour la monnaie unique, il fallait définir une succession d’étapes à franchir dans un ordre logique.

En septembre 1995, Alain Juppé, alors Premier ministre du gouvernement français, plaide en faveur de l’intégration, dans la doctrine nucléaire française, de la notion de « dissuasion concertée » afin de « garantir la sécurité de l’Allemagne. » Cette proposition ne fut pas reprise par les dirigeants allemands de l'époque. (1)

Le traité de Nice en 2001, entérine une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) qui ne veut pas se substituer à l'OTAN, mais la compléter. L'OTAN met en place en 2002 avec l'Union Européenne une relation privilégiée qui permet à cette dernière de bénéficier de moyens de l'OTAN pour certaines opérations entrant dans le cadre de sa nouvelle politique de sécurité et de défense commune.

Malheureusement, le déclenchement de l’opération militaire en Irak en 2003 engendra une division profonde au sein du camps européen, ce qui porta un rude coup au projet d'intégration progressive des défenses nationales. En mai 2005, le « non » français au referendum sur la ratification de la Constitution européenne ne fit pas mieux. Et pendant toute la décennie, les britanniques vont s'opposer farouchement à toute tentative de constitution d'une Europe de la défense au motif que ce rôle doit être exclusivement réservé à l'OTAN.

En 2006, lors d’un discours prononcé à l’Île-Longue, le président français Chirac reformule une proposition de force de dissuasion européenne. « En 1995, la France avait émis l’idée ambitieuse d’une dissuasion concertée afin d’initier une réflexion européenne sur le sujet. Ma conviction demeure que nous devrons, le moment venu, nous poser, ensemble, la question d’une défense commune, qui tiendrait compte des forces de dissuasion existantes, dans la perspective d’une Europe forte, responsable de sa sécurité », avait-il déclaré. Mais là encore, les choses restèrent en l’état. (1)

En 2007 dans le traité de Lisbonne, la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) prend la suite de la précédente PESD, et y introduit une disposition annexe, la Coopération Structurée Permanente (CSP). Née lors de la convention européenne qui s'était réunie en 2002 et 2003 afin d’établir le Traité constitutionnel, l'idée de la CSP est de sortir de la règle de l’unanimité afin qu’un petit groupe pionnier se constitue sans que les autres membres de l’Union puissent bloquer ceux qui veulent avancer. La Coopération structurée permanente vise à remplir les missions les plus exigeantes par les pays dotés des outils militaires les plus développés, comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. La CSP est donc exclusive par nature, non pas pour exclure certains pays de cette initiative, mais simplement pour des questions d’efficacité.

Prévue pour entrer en vigueur en 2009, la CSP va tomber en sommeil jusqu'en 2017.

La fin de la guerre froide n'aura pas permis aux européens de se doter d'une capacité militaire coordonnée propre, encore moins unifiée, pour être capable de se défendre par eux mêmes. Ils auront volontairement laissé ce rôle aux Etats-Unis et à l'OTAN sur leur propre territoire.

Les crises ébranlent et réveillent l'Europe

Depuis le début des années 2010, le fait géopolitique majeur est pour l'Alliance le regain de tensions en Europe même avec la ré-émergence de la Russie sur la scène internationale. L'Alliance Atlantique entreprend alors une révision de sa stratégie et de ses plans de défense. Les effectifs américains sur le sol européen sont revus à la hausse et l’OTAN poursuit à petits pas son élargissement en Europe. Cependant, à partir de 2017, le nouveau président américain D. Trump va brutalement remettre en cause le financement et l’existence même de l’OTAN, ce qui va brouiller considérablement les cartes.

En 2017, la CSP est réactivée de toute urgence après le Brexit (2016) afin de donner une nouvelle impulsion à l'Europe qui menace de voler en éclat, l’exemple britannique étant susceptible d'encourager d’autres Etats membres à reprendre leur liberté. En effet, un besoin de sécurité accrue au sein de l’Union européenne s'est fait jour depuis. Et le frein britannique a disparu.

Au Nord et à l’Est de l’Europe, l’attitude de la Russie inquiète après l’annexion de la Crimée en 2014. La menace terroriste ne se limite plus à la France. La crise migratoire, même si elle n’implique pas de réponse en matière de défense, fait peser une contrainte forte sur tous les pays de l’Union. Et surtout, à partir de 2017, le nouveau président américain D. Trump se met à accuser ouvertement les européens de ne pas dépenser assez pour leur défense, alors que les Etats-Unis assument seuls l'énorme fardeau financier, matériel et humain de l'OTAN sur le sol européen. Trump va même jusqu'à remettre en cause le principe fondateur mème de l'OTAN qui veut que l'Alliance porte assistance immédiate et entière envers tout pays membre qui serait agressé. Le parapluie nucléaire américain ne couvre-t-il plus l'Europe? En mai 2018, la chancelière allemande, Angela Merkel, tient des propos sans ambiguité à l’égard de Washington. « Le temps où l’on pouvait compter tout simplement sur les États-Unis pour nous protéger est révolu. […] L’Europe doit prendre son destin elle-même en main, c’est notre défi pour l’avenir », dit-elle.

Mais pour renforcer l'Europe à un moment critique, la CSP ne doit plus être exclusive comme à l'origine, mais bien inclusive pour souder l'Europe dans son ensemble, ce qui est un projet diamétralement opposé à celui d'origine d'une Europe de la défense à deux vitesses. Le résultat est que 25 pays ont rejoint la Coopération structurée permanente en 2017. Même les pays les plus réfractaires à cette initiative, la Suède ou la Pologne, ce dernier craignant que la CSP n’affaiblisse l’OTAN, ont fini par adhérer à la CSP. Les seuls qui n'en feront pas parti seront le Royaume-Uni qui quittera l’Union européenne en mars 2019, le Danemark qui a fait un « opt out » pour la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) dès 1992 et Malte. En d’autres termes, la CSP n’est plus le groupe pionnier d'origine: c’est bien (presque) toute l’Union européenne. Le Brexit a donc eu l’effet inverse de celui que l’on craignait: plus personne aujourd’hui ne veut se singulariser dans l’Union.

Le sursaut reste limité

Mais la CSP n'est pas très contraignante. Il est demandé que les pays augmentent leurs dépenses militaires à 2% de leur PIB, mais chaque pays pourra choisir librement son rythme de progression budgétaire. L’objectif de rendre plus opérationnel les forces des Etats membres pour participer aux opérations militaires de l’Union européenne ne comprend que des obligations de moyens et pas d’obligations de résultats. Ces résultats seront donc bridés par les règles nationales limitant l’engagement des troupes sur les territoires extérieurs, que la CSP n'obligera pas de modifier pour atteindre les objectifs.

De plus, la CSP souffre en l’état de n’être bâtie qu’en fonction des missions de la PSDC dont elle est issue, et qui ne comprennent pas la mission de sécurité collective et intérieures qui relève pour la plupart des Etats membres de l’Otan. Tout se passe comme si les capacités militaires définies dans le cadre de l’UE n’étaient pas destinées à protéger les pays de l’UE et donc les citoyens de l’UE, rôle dévolu à l'OTAN ! C’est une contrainte liée aux origines de la PSDC dans le traité de Maastricht de 1992, dont il faudrait nécessairement s'affranchir pour être crédible auprès des citoyens européens.

Il faudrait enfin une autorité forte au-dessus des Etats membres qui puissent trancher sur les différents projets, c'est à dire un ministre de la Défense de l’Union européenne doté d’une administration qui puisse arbitrer de manière indépendante sur le choix des projets dans le cadre de la CSP. En effet, on peut craindre aujourd’hui que ni l’Agence européenne de défense ni l’Etat-major de l’Union européenne n’aient la capacité de s’affranchir des enjeux contradictoires qui existent aujourd’hui entre les Etats membres soucieux de défendre leur intérêt particulier et non l’intérêt collectif.

En l'état, la CSP apportera sans doute plus de coopération mais pas plus d’intégration des politiques de défense.

En 2017, le président français E. Macron propose une Initiative Européenne d'Intervention (IEI) qui n'est rien d'autre que la CSP d'origine des années 2000. Elle consiste à créer une force d'intervention rapide européenne sans passer par les mécanismes bloquant de la politique commune de défense impliquant tous les Etats membres. On retrouve donc l'idée de faire avancer l'Europe de la défense par un groupe restreint de pays motivés. Neuf Etats vont signer le protocole en 2018: l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l'Estonie, la France, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni. Ces derniers peuvent ainsi rester des partenaires de premier plan de la sécurité européenne malgré le Brexit.

L'IEI complète la CSP nouvelle version (2017) qui avait du se transformer pour impliquer tous les Etats membres de l'Union et qui pourrait maintenant être comparée à une "zone euro de la défense". La CSP stimule la coopération, la planification, le développement technologique et les projets industriels en commun, alors que l'IEI se veut plus opérationnelle et plus capacitaire.

Quoiqu'il en soit, l'Europe de la défense est encore loin.

Le parapluie nucléaire français pour l'Europe?

Cette fois le débat de la défense européenne, loin de retomber comme un soufflé comme ce fut le cas pendant les deux décennies précédentes, semble prendre de l'ampleur.

Très récemment en juillet 2018, estimant que l’Otan est fragilisée par les fréquentes rodomontades du président Trump, lequel a clairement remis en cause le principe de défense collective qui en est le ciment, un universitaire allemand respecté, M. Hacke, est arrivé à la conclusion que « pour la première fois depuis 1949, la République fédérale d’Allemagne n’est plus sous le parapluie nucléaire américain ». Il pense que l'Allemagne a besoin de la bombe nucléaire. (1)

Bien sur, Berlin ne peut se lancer dans un projet de cette nature. D’une part parce que l’opinion publique allemande, qui rechigne déjà à porter les dépenses militaires à 1,5% du PIB, y serait fortement opposée. D’autre part, l’Allemagne a ratifié le Traité de non prolifération (TNP), signé en 1968. Cet engagement a en outre été confirmé par l’accord dit « Deux plus Quatre » (Allemagne de l’Ouest et de l’Est d’un côté, Union soviétique, États-Unis, France et Royaume-Uni de l’autre) signé en 1990 afin de permettre la réunification. (1)

En revanche, certains ont suggéré, rappelle Politico, que l’Allemagne pourrait « envisager de contribuer à l’arsenal nucléaire français dans le cadre d’une stratégie européenne de dissuasion étendue, sous la bannière d’une ‘Union européenne de défense' ». Ce qui renvoie aux propositions françaises de 1995 et 2006...

(1)Source: Laurent Lagneau "Et si l’Allemagne ne pouvait plus compter que sur le seul « parapluie nucléaire » français?"

http://www.opex360.com/2018/08/06/lallemagne-ne-pouvait-plus-compter-seul-parapluie-nucleaire-francais/

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